26
Mar
2021

Surf adapté

Surf adapté à toutes épreuves!

Le 4 mars 2020, je partais pour San Diego. J’avais le grand privilège d’accompagner l’équipe canadienne aux championnats mondiaux de surf adapté pour une quatrième année consécutive. J’étais surexcitée et encore loin de me douter que rien ne se déroulerait comme prévu; avant, pendant et même après les compétitions.

 

Le tout commença par une planche brisée. Moins de douze heures après être arrivée à destination et probablement moins de douze minutes après être entrée dans l’eau, je ressortais  avec une planche cassée en deux! Je me souviens m’être demandée si cela pouvait porter malheur…

Puis, les compétitions ont débutées. Elles se sont déroulées sous le thème the Good, the Bad and the Ugly.

 

The Good : Ce fut un immense plaisir de retrouver la communauté du surf adapté! Il y avait plus de 130 surfeurs représentant 22 nations. Les championnats mondiaux sont pour nous une grande réunion de famille. Famille qui ne s’était pas réunie depuis décembre 2018 puisque les championnats de 2019 avaient été annulés. Ce fut de magnifiques retrouvailles.

 

Quatre surfeurs chevronnés étaient sur place pour représenter le Canada. Victoria Feige, paraplégique suite à une chute en planche à neige, surfait à genoux.  Ling Pai qui, à cause d’une maladie dégénérative, perd la vue petit à petit était dans la division déficience visuelle. Tyler Turner, double amputé tibial suite à un accident de parachute prenait, lui aussi, les vagues à genoux. Finalement, Scott Patterson, double amputé fémoral ayant participé quatre fois aux Jeux Paralympiques surfait couché sur sa planche. Tous les athlètes, tous pays et toutes divisons confondues, ont offerts d’impressionnantes performances!

 

Finalement, bien que les médailles ne constituent pas la raison pourquoi nous allons en compétition, c’est toujours agréable d’en ramener quelques-unes à la maison! Victoria et Ling ont remportées l’or et l’argent dans leur catégorie respective et ce pour une seconde année consécutive!

The Bad : Qui n’est pas si grave, mais qui a, somme toute, bouleversé nos plans. En effet, à peine vingt-quatre heures après le début des compétitions, nous apprenions que certaines nations demandaient à leurs citoyens de revenir au pays, envisageaient  la possibilité de fermer leurs frontières et exigeaient de tous les voyageurs un isolement de quatorze jours à leur retour. De plus, les rassemblements de plus de 250 personnes étaient maintenant interdits aux États-Unis. Avec les surfeurs et tout le personnel de soutient nous étions bien au-delà de ce nombre. Cette règle s’appliquait aux évènements intérieurs, mais cela pouvait changer rapidement!

 

C’est à partir de ce moment que tout a déboulé. La décision a été prise de mettre fin à l’évènement une journée plus tôt. Pour ce faire, nous devions condenser les compétitions. Celles-ci débutaient donc à l’aube et prenaient fin au coucher du soleil. De plus, à travers tout ce brouhaha,  nous devions réorganiser nos vols de manière à revenir plus tôt au bercail.

The Ugly : Encore une fois, il y a pire dans la vie, mais je pense qu’il est important de mentionner un élément qui a teinté l’évènement. Il a mouillé tous les jours. De la cérémonie d’ouverture jusqu’aux finales. Donc non seulement nous étions sur place un peu plus de douze heures par jour, mais nous y étions sous la pluie.

 

C’est donc avec mes wetsuits encore mouillés que je suis revenue à Québec quelques jours plus tard. Mes vacances à Baja se sont transformées par deux semaines d’isolement à la casa. C’était bien loin, géographiquement et culturellement, de ce qui avait été prévu. Mais, vu les circonstances, il n’y a nul part ailleurs où j’aurais voulu être.

 

Puis, je suis retournée à mon « vrai » travail dans la « vraie » vie. Je devrais plutôt écrire mon travail modifié dans une vie changée. Et dire que ça fait un an! Étrangement, j’ai l’impression que ma vie depuis mon retour suit le même thème que celui des compétitions : The Good, the Bad and the Ugly.

 

Bref, la situation actuelle n’est facile pour personne mais, peu importe où vous vous trouvez en lisant ce texte, j’espère que vous êtes en santé et que vous êtes dans un endroit où vous vous sentez bien. Sachez aussi que vous avez toute une communauté derrière vous. Donc peu importe que vous surfiez debout ou couché, que vous surfiez des rivières, des océans, des lacs ou même simplement dans vos rêves (comme moi la plupart du temps) nous ne formons qu’une seule grande famille. Soyons là les uns pour les autres plus que nous ne l’avons jamais été. Soyons aussi là «après » pour s’aider mutuellement à remonter sur nos planches suite à ce wipeout planétaire et pour éviter de revenir comme « avant ».En espérant de tout cœur vous revoir sur l’eau bientôt.

À propose de l’auteure : Pascale est kinésiologue, travaille en réadaptation et donne des cours au studio La Plage depuis le tout début. Cette grande blonde toujours souriante est une adepte de surf et SUP. Depuis quelques 2016 elle s’implique auprès du surf adapté. Aidé d’un collègue de Vancouver, il ont débuté un comité au sein de Surf Canada. Son implication lui a permis d’aider de nombreux athlètes de l’équipe Canadienne dans les Championnats mondiaux qui se sont déoulés dans le Maine et en Californie. En 2018, elle a lancé avec des collègues un club de paddleboard adapté permettant de rendre accessible la pratique de ce merveilleux sport dans la ville de Québec. High five Pascale pour tout ton dévouement.